Histoire de BEY

A la recherche du temps perdu

Loin des clichés de commune dortoir des alentours d'une agglomération, Bey s'appuie au contraire sur un passé riche qui fait de ce village un des bastions du souvenir commun.

cult_71033_1.jpg

C'est en parcourant les tous premiers bulletins municipaux datant de la fin des années 1980 que les habitants de Bey ont pu découvrir l'histoire de leur village, contée par Nicole Clerc, alors institutrice, aux travers de trois aspects différents : la vie rurale, l'industrie et la 1ère guerre mondiale.



Evolution de la vie rurale à Bey

Au siècle dernier, la population de Bey était exclusivement rurale, avec quelques artisans et commerçants. Le village était très peuplé (596 habitants en 1856). Depuis cette date, le chiffre de la population a baissé, avec une chute extrêmement brutale entre 1901 et 1921 due à la première guerre mondiale et à la révolution industrielle qui a commencé à dépeupler les campagnes, pour atteindre son minimum en 1954 avec 322 habitants.

cult_71033_2.jpg

Entre 1945 et 1950, il y avait à Bey 48 exploitations agricoles. Chaque ferme pratiquait la polyculture (blé, maïs, betterave à sucre, pomme de terre, plantes fourragères), l'élevage des bovins (pour la vente du lait) et avait sa basse-cour et sa porcherie.

La vie était dure. Les femmes avaient de lourdes tâches : en plus de l'entretien de la maison, elles devaient préparer la nourriture des porcs, s'occuper des volailles et aider au sarclage du maïs et des pommes de terre.

La vie d'après-guerre ressemblait énormément à celle du début du siècle ; la première faucheuse lieuse, avec les chevaux, n'a fait son apparition à Bey qu'en 1930. Mais tout a changé dans les années 1960. En 1959, quatre cultivateurs ont fait l'achat d'un tracteur, puis d'autres rapidement dès 1961-62. Une nouvelle variété de maïs hybride a changé la culture : c'était le maïs «américain». Les traitements ont remplacé le sarclage. Cependant, le village avait encore son apparence très rurale. On vivait au rythme des saisons, avec la machine à battre qui marquait l'été (dernière «batteuse» à Bey en 1968) et le ramassage des betteraves à sucre en novembre par la «sucrerie de Chalon» (betteraves qui étalent chargées sur la place de l'église).

Le ramassage du lait dans les fermes était effectué par M. Marcel Clément pour le «lait pur». Il passait dans les rues avec une petite voiture tirée par un âne. Huit cultivateurs possédaient une voiture. L'entretien des bâtiments et du matériel se faisait d'une manière très locale. Les artisans étaient assez nombreux. En 1950 et plus, on comptait un menuisier-charpentier (Georges Marmont), un charron (Pierre Sarrazin), un maréchal-ferrant (Auguste Chanliaux), un sabotier (Paul Doret), trois entrepreneurs maçons (Charles Briet, François Dégrolard et Edouard Margueritte) .

Petit à petit, les plus anciens ont pris leur retraite ; leurs enfants, bien qu'habitant souvent le village, n'ont pas continué l'exploitation. Cette mutation a été progressive. De nombreuses personnes travaillant en ville ont gardé une petite basse-cour, un peu de culture, pendant quelques années.

En 1980, on comptait à Bey encore dix cultivateurs. C'est le début du remembrement, inévitable à l'ère des machines.

En 1996, six exploitations subsistent avec, bien entendu, une beaucoup plus grande superficie. Une seule remplacée par le fils, appartient maintenant au petit-fils (c'est la ferme Demont). La ferme d'Orain est exploitée par un Suisse ; la ferme de Monsieur Burdin est remplacée par le club hippique. La population est à nouveau en croissance puisqu'on comptait 504 habitants en 1982, 559 au recensement de 1989, plus de 650 en 1999 et à nos jours, nous sommes plus nombreux qu'en 1856.

Donc, 150 années plus tard, notre village, modernisé, est plus peuplé, et aucune ancienne maison n'a été abandonnée. Malgré la proximité de Chalon qui pourrait faire craindre que notre village devienne une banlieue dortoir, Bey garde un aspect rural très agréable.

Technique et industrie à Bey

La technique et l'industrie progressent à grands pas en ce début de 20. siècle. BEY a la chance de se trouver sur la ligne de chemin de fer CHALON- ST-MARTIN-EN-BRESSE inaugurée en mars 1900.

cult_71033_3.jpg

Pour la population, cette liaison régulière avec la ville est capitale. En effet, les trois marchés hebdomadaires chalonnais (mercredi, vendredi et dimanche) attirent chaque fois 30 à 40 voyageurs, parmi lesquels de nombreuses paysannes allant vendre leurs produits. Quant aux jours de foire, le tacot emportait bestiaux et passagers. C'était lui aussi qui transportait le courrier et les approvisionnements destinées aux différents commerçants et artisans. Dans cette première décennie du 20ème siècle, BEY était un bourg prospère de 514 habitants vivant dans un village bien pourvu de quatre épiciers-merciers, d'un boulanger, de trois maîtres-sabotiers, deux entrepreneurs de travaux du bâtiment, deux menuisiers, deux charrons, deux ou trois aubergistes, d'un charpentier, d'un forgeron et d'un grainetier. C'est pourquoi plusieurs modifications seront demandées à la Compagnie des Chemins de fer : - aménagement d'une voie de garage; - modification des horaires des six trains quotidiens (trois dans chaque sens) afin que les arrivées à Chalon correspondent aux heures du marché, que le dernier train du soir puisse remporter les réponses aux missives urgentes reçues le jour même; - précision sur la dénomination de la station de Bey qui ne s'appelait que "halte" à l'origine, ce qui fait que certains colis étaient déchargés soit à Alleriot soit à Damerey qui possédaient des gares .

En 1910, la commune obtient l'appellation « halte ouverte au service complet de G. V. et de P. V. » ; - équipement de la halte : . salle d'attente fermée pour les voyageurs, susceptible d'être chauffée l'hiver; . installation d'appareils de pesage de 0 à 10kg pour les colis postaux, de 500 à 1000 kg pour les autres denrées. - et pour la détente, suite aux réclamations des conseils municipaux concernés, un train supplémentaire circulera sur la ligne dans le sens campagne-ville, les dimanches et jours fériés, afin que les citadins puissent profiter plus longuement du bon air durant les six mois les plus chauds, ainsi le dernier quittera donc Saint-Martin-en-Bresse à 7 h 30 du soir pour arriver à Chalon à 8 h 30.

Pour apporter un peu de confort aux ménagères les lavoirs sont aménagés. "En Caillet" un parapet est construit le long de la mare afin que le trop plein alimente un lavoir bien utile pour la partie est de Bey. Pour le lavoir "du Saugy" se pose le problème de son alimentation, la source étant insuffisante l'été. La source actuelle appartenait à un propriétaire d'Alleriot avec lequel des tractations ont été difficiles, commencées en 1911 elles s'achevèrent en 1913, après que la source eut été déclarée d'utilité publique suite à un arrêté préfectoral.

Les animaux ne sont pas oubliés: curage de la mare de gouillien qui sert d'abreuvoir au bétail et barrage sur la Cosne avec maçonnerie et vannes pour alimenter deux autres mares à l'entrée du communal. Toujours pour aider la population en 1901, le Conseil Municipal adresse une requête aux sénateurs et aux députés pour que ceux-ci intercèdent auprès du ministre de la guerre afin que les périodes d'appel de 28 jours des réservistes soient modifiées. En effet, elles avaient lieu en septembre octobre, ce qui portait un grave préjudice au vigneron, dans l'impossibilité de se faire remplacer, attendu que les soins donner à la vendange, comme la mise en cuve exigent de lui une attention des plus délicates et souvent l'exposent à des dangers que lui seul peut courir . Ceci intervient après la reconstitution du vignoble avec de nouveaux plants donnant une récolte double de celle des anciens. Ce qui laisse à penser que le lieu-dit "Sous les vignes" était certainement planté en vignes à cette époque. Au cours des années suivantes, à tout instant, une demande de dispense sera formulée pour un tel qui est chargé de famille. C'est de cette période que date la demande d'établissement d'une bascule publique qui rendait de réels services à la population et qui fut démolie récemment, témoin d'un mode de vie révolu.

La construction du préau de l'école lui est contemporaine. Pour les élèves, apparaît une nouvelle activité, suite à des instructions préfectorales, c'est l'exercice de tir, afin de développer le goût du tir chez l'enfant et son adresse. Pour cela, en 1907 la municipalité accordera un crédit de 80 F qui financera l'acquisition d'une carabine modèle Lebel et l'organisation d'un champ de tir de 12 m. En 1913, la société de tir qui s'est constituée demandera un abri. Chacun essaie de parfaire son instruction, car 31 adultes fréquentent les cours du soir.

A cette époque, sévissaient des calamités analogues à celles que nous connaissons : - un ouragan le 3 juin 1902; - des inondations en 1910. Les municipalités devaient venir en aide aux sinistrés et de ce fait voter des subventions : - 100 F sont accordés pour une aide aux malheureuses victimes de l'arrondissement de Chalon , en 1902; - 200 F pour le secours aux inondés car de nombreuses familles vont être jetées dans la misère.

Une autre, inconnue de nos jours, les hannetons ; ces insectes très voraces faisaient des ravages, un crédit de 40 F financera la campagne de hannetonnage. Les budgets communaux sont alimentés avec impôts, subventions, emprunts, produits de ventes. Une vente un peu surprenante est celle des terres provenant des curages des fossés et des accotements qui servent aux amendements des propriétés. En 1900 par exemple, 28 lots de terre (2 à 7 par rue selon leur importance) seront mis en adjudication aux enchères. En 1908 un nouveau Maire sera élu, M. Chauvel Charles, réélu également en 1912, année de la réorganisation des conseils municipaux suite à une lettre préfectorale. Désormais deux adjoints seront obligatoires ainsi qu'une indemnité au Maire, aux adjoints et aux conseillers municipaux. 1913 voit la réalisation d'un projet déjà abordé en 1899: l'installation d'un résau téléphonique. Jusque là, le téléphone n'était qu'à la poste de Damerey, comme "les dépêches" étaient fort nombreuses la municipalité demande donc l'installation d'une cabine publique. L'administration des postes propose la création d'un circuit téléphonique reliant différentes communes du canton et la mise en place de la cabine sous certaines conditions : - qu 'il y ait au moins un abonnement particulier dans la commune, ce qui sera réalisé; Mme de Chabert et M. Tetu négociant en prendront chacun un; - que la commune participe à 12% de la dépense soit 1.320 F, ce qui entraînera un impôt extraordinaire de deux centimes par habitant pendant quelques années. Cette cabine sera installée, un gérant sera rétribué 100 F par an pour un service qui sera apprécié de tous.

Voulant continuer la modernisation, le Maire propose un nouveau projet, « l'installation d'une distribution d'énergie électrique », pour ce, un cahier des charges a été établi par un entrepreneur de travaux publics de Lyon. Le Conseil Municipal en ayant pris connaissance, et, considérant qu'il y a un intérêt économique considérable à installer dans la commune une distribution publique d'énergie électrique de cette nature, approuve à l'unanimité la rédaction de ce cahier et autorise et donne pouvoir à son Maire de le signer au nom de la Commune. C'est donc un village en pleine prospérité qui affronte l'année 1914 et pour lequel le 3 août sera, comme pour de nombreuses autres communes, une date qui reste encore gravée dans la mémoire de quelques-uns de nos compatriotes.

La dure épreuve de 14-18

Comment Bey a-t-il vécu cette période difficile de la première guerre mondiale ? Comme beaucoup de communes rurales qui se sont vues brusquement privées de leurs hommes jeunes et actifs. Femmes, vieillards et enfants se sont organisés pour subvenir aux travaux des champs; pour les périodes de gros travaux, les soldats partis au front pouvaient obtenir une permission agricole, si celle-ci était demandée par leur famille puis certifiée par le maire.

Les restrictions ne furent pas trop draconniennes du fait que beaucoup vivaient de leurs produits: lard, volailles (le boucher ne passait que le samedi avec une voiture à cheval), les fours particuliers étaient encore nombreux et permettaient de cuire son pain (il existait des tickets pour en acheter à la boulangerie). Ce qui se faisait le plus sentir, étaient les rationnements de sucre (attribution d'un pain de 5 kg qu'il fallait casser au marteau) et de luciline (pétrole raffiné pour l'éclairage). Le courrier fonctionnait assez bien avec les militaires, mais malheureusement certains parents ne savaient ni lire, ni écrire, et avaient recours à une personne du village Mme DEGROLARD qui tenait le rôle d'écrivain public pour les réponses ou les adresses sur les colis. Un marchand de journaux, se déplaçant à bicyclette depuis Chalon, apportait chaque jour les quotidiens : « Le Petit Parisien », « Le Lyon Républicain » ; en même temps il informait chacun, en annonçant les permissionnaires ou les tués des villages voisins.

Bey a payé un lourd tribut, 21 habitants de la commune ont été victimes de ce conflit et ceux qui sont revenus étaient souvent diminués : « gazés », ou ayant souffert de la thyphoïde ou mutilés. Se sont ajoutées des demandes de crédit : - en 1915 : 100F pour la journée de S.-et-L. qui a pour but de venir en aide aux soldats de S.-et-L. et surtout aux mutilés ; - en 1916 : 100 F pour la construction d'un sanatorium départemental à la Guiche destiné en priorité aux tuberculeux de la guerre ; - en 1917 : réquisition de 60 quintaux de foin, à livrer aux armées, alors que la récolte avait été le 1/3 de la normale suite aux intempéries, et que certains cultivateurs seraient obligés de vendre des bêtes qu'ils ne pourraient plus nourrir ; - en 1918 : subvention de 300 F à l'office départemental des pupilles de la nation ; - en 1921 : subvention pour la reconstruction de la commune de Nanteuil-sur-Aisne complètement détruite par la guerre et adoptée par les cantons de St-Martin et Verdun. Pour honorer ses morts la municipalité décida en 1920 d'accorder une concession perpétuelle au cimetière, aux soldats qui furent ramenés pour être inhumés dans leur village (les familles avaient dû aller les reconnaître et faire les démarches nécessaires, ce qui, vu l'époque était des expéditions car beaucoup se trouvaient au front). Enfin le Monument aux Morts fut érigé en 1920, construit en pierre grise de Chassagne pour un coût de 5.000F. Le conseil « considérant que c'est un devoir de donner à l'inauguration du Monument Commémoratif tout l'éclat possible » vote un crédit supplémentaire de 500 F.

La Commune avait à faire face aux problèmes sociaux, nombreux en ces années perturbées. Elle prenait donc en charge : - les vieillards indigents reconnus et inscrits sur une liste annuelle (17 en 1915; 19 en 1916 par exemple) et leur versait une allocation mensuelle de 15 F ; - l'assistance médicale et surtout les frais d'hospitalisation pour toute personne nécessiteuse ; - les femmes en couche qui touchaient une allocation journalière de 0,50F (la durée n'est pas précisée) ; - les familles nombreuses qui recevaient une allocation mensuelle de 5 F. Ces tarifs qui étaient quinquennaux ont été reconduits plusieurs fois; souvent un impôt supplémentaire était nécessaire pour faire face à ces dépenses (10 c par habitant en 1916; 40 c en 1918). Les naissances nombreuses nécessitaient l'assistance d'une sage-femme qu'il fallait aller chercher à Saint-Marcel en char à bancs, puis en carrosse, mais les délais de route étant assez longs, ce sont souvent deux personnes du village un peu expérimentées qui assistaient les accouchées.

Durant cette période les grands projets furent laissés en sommeil. La voirie est toujours entretenue par les habitants, à raison de trois journées de prestation individuelle et trois journées d'animaux et de véhicules par foyer, bien qu'il y ait un cantonnier garde-champêtre, surchargé de travail par la surveillance des récoltes, des bergers, des nomades et des maraudeurs. Pour cela en 1919 la municipalité approuvait le renforcement de la gendarmerie cantonale si cela ne devait pas grever le budget. La distillation des marcs-fruits était un des derniers travaux d'arrière-saison. Il fallait trouver un terrain pour installer l'alambic qui fut d'abord dans le magasin du matériel d'incendie (local sur le terrain de la salle des fêtes) ; puis en 1922 il s'installera sur le terrain communal de Saugy à côté du lavoir, ceci jusqu'à la disparition de cet artisanat.

Peu à peu se rétablit une activité plus importante. Le téléphone voit enfin l'installation de sa cabine, la nomination d'un gérant-receveur buraliste et d'un suppléant qui sera le forgeron. Cette commodité tant attendue, ne donne pas entière satisfaction, car en 1930 est déposée une demande d'intervention du préfet, auprès de la direction des postes, pour une enquête impartiale suite au mauvais fonctionnement de ce service. IL fallait couramment 1/2 h d'attente par appel téléphonique avant d'avoir une réponse du bureau de Chalon, même dans les cas d'urgence, comme celui du 1er juin 193O où il fut impossible de contacter un médecin suite à un accident de la route.

L'école, elle aussi, fait parler d'elle. En 1921, depuis de nombreuses années déjà, les écoles de Bey sont géminées, mais il n'y a aucune trace d'autorisation officielle délivrée par l'Administration, les enseignants étaient donc obligés d'adresser chaque année une demande au Conseil Municipal. Le Conseil donnait un avis très favorable, tenant compte : - de la configuration des locaux (entrée commune) ; - que du fait qu'il n'y a qu'un seul logement, les enseignants sont donc obligatoirement un couple d'instituteurs ; - que la méthode d'éducation a donné d'excellents résultats, et demandait à l'Administration de légaliser rapidement cette décision, or en 1926 j'ai retrouvé exactement la même délibération... Pour l'anecdote, apprenez que cette gémination avait ses limites très précises : - dans chaque classe, filles et garçons étaient séparés par une allée centrale ; - les récréations se faisaient en deux groupes bien distincts: filles d'un côté du bâtiment surveillées par la maîtresse, garçons de l'autre surveillés par le maître ; - la rentrée exigeait un alignement sur quatre files, une de filles et une de garçons par classe ; - les enfants allaient au catéchisme à Allériot, à pied, chaque matin, avant la classe, par deux chemins différents. Au retour, ils se regroupaient au Carrougeot pour arriver en classe en même temps, afin de ne pas déranger deux fois le cours qui était commencé. Et les vacances qui sont tant à l'ordre du jour avaient lieu du 31 juillet au 1er octobre, puis à Pâques, plus 6 jours supplémentaires accordés par le maire; après avis de l'inspecteur, ces 6 jours se répartissaient entre Noël et le Jour de l'An, puis souvent le mardi de la Pentecôte et plus tard Mardi Gras.

Pour résoudre les problèmes financiers, un seul procédé existait, revaloriser ou créer des taxes. Celles des dépôts dataient de 1882, elles ont été revues en 1921 passant de 0,05 F le m2 à 0,15 F. Celles sur les chiens n'étaient pas négligeables : - 10 F pour un chien d'agrément ; 6 F pour un chien de chasse ; 3 F pour un chien de garde (troupeau ou habitation). Seuls les aveugles ou les mutilés en étaient exemptés. A moins qu'un généreux donateur ne se manifeste, comme ce fut le cas en 1916, où Mme Jeanne PINARD, veuve POTIQUET, rentière, légua 1 000 F en espèce à la commune de Bey, à charge de ladite commune d'entretenir son tombeau à perpétuité. La Municipalité accepte, achetant des rentes à 4% sur l'Etat, dont les intérêts serviront à entretenir sa sépulture.

Le gros projet des années 1920 à 1929 a été l'installation du réseau électrique, ce qui a nécessité de nombreuses démarches et délibérations. Un syndicat intercommunal regroupant 8 communes dont Bey, a été créé. Ce syndicat a présenté un projet d'électrification, après plusieurs études, qui a été admis par le service de contrôle le 4 mars 1927. On retiendra qu'il devait garantir une consommation annuelle de 13,3kw/h par habitant, que la commune de Bey avait demandé 24 lampes de 25 bougies et 2 lampes de 50 bougies pour son éclairage public qui sera installé en premier. Cette installation engage une dépense de 90.000 F, financée d'une part par la commune et d'autre part par un emprunt de 50.000F auprès des habitants, au taux de 6,25%, divisé en 100 parts de 500F chacune, remboursables en 30 ans par tirage au sort chaque année, à partir de 1929. Ce qui a entraîné un impôt supplémentaire de 78,2 c pendant 30 ans. Une date précise donnant le jour de la mise en fonctionnement de cet éclairage n'apparaît pas, mais d'après les délibérations parlant du financement (19 février 1930 un crédit supplémentaire de 1.000 F a été voté pour solder le règlement de l'éclairage des rues) je pense que cela a eu lieu fin d'année 1929. En 1930, la Commune accepte le passage, sur ses terrains, d'une ligne à haute tension Besançon-Chalon de 150000 volts indemnisée à raison de 100F par pylône et 0,10F le mètre courant de ligne.

C'est donc l'ère du modernisme qui commence, chaque foyer s'est équipé petit à petit, malgré les réticences de certains. Cinq ou six voitures automobiles sillonnent les chemins communaux, voitures pour lesquelles il fallait un permis de conduire et payer un permis de circuler (taxe équivalent à la vignette). Dans les champs les faucheuses font une timide apparition, bientôt suivies des premières moissonneuses-lieuses (1926). (Renseignements glanés auprès de quelques concitoyens et dans les registres communaux).